Entre récits et observations

Le mystère des bonnes intentions

On dit souvent que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Personnellement, je pense surtout qu’il est pavé de courriels mal interprétés, de « OK. » trop courts et de « Fais comme tu veux » qui ne veulent absolument pas dire ce qu’ils semblent vouloir dire.

Parce que soyons honnêtes : entre ce qu’on pense transmettre et ce que l’autre reçoit, il existe parfois un fossé large comme l’univers.

Vous souriez à quelqu’un pour être sympathique? Il se demande pourquoi vous vous moquez de lui. Vous proposez votre aide? Il croit que vous remettez en question ses compétences. Vous envoyez un message avec un point d’exclamation? Vous êtes surexcité. Sans point d’exclamation? Vous êtes fâché. Deux points d’exclamation? Vous êtes manifestement instable. Bon j’ai petit un petit côté parano ici, mais vous voyez ou je veux en venir.

Le défi des relations humaines, c’est justement d’accepter que nos intentions ne voyagent pas toujours avec nos gestes. Elles prennent parfois un détour, ratent leur correspondance et arrivent à destination complètement transformées.

Alors, lorsqu’une personne nous dit : « Quand tu fais ça, je ne me sens pas bien », notre premier réflexe ne devrait peut-être pas être de préparer une plaidoirie de quinze minutes intitulée Pourquoi j’avais raison depuis le début. On peut plutôt prendre une pause et se poser cette question révolutionnaire : « Et si, malgré mon génie incontestable, il y avait quelque chose à ajuster? »

Je sais. Ce n’est pas nécessairement naturel, mais je pense que le jeu en vaut la chandelle.

Cela dit, s’adapter ne veut pas dire se transformer en pâte à modeler émotionnelle. Après réflexion, on peut décider de modifier notre comportement… ou constater que les attentes de l’autre sont tellement élevées qu’il faudrait obtenir un PHD en relations humaines pour les satisfaire. Dans ce cas, il est aussi parfaitement acceptable de reconnaître ses limites. Après tout, personne n’a signé pour devenir lecteur de pensées à temps plein.

La morale de l’histoire? Les bonnes intentions sont un excellent point de départ, mais elles ne sont pas une garantie de satisfaction. Un peu comme les résolutions du Nouvel An : l’intention est belle, mais le résultat peut varier considérablement.

Et si l’on tient à nos relations, il faut parfois accepter ce noble exercice qui consiste à s’ajuster mutuellement… tout en gardant assez d’humour pour survivre aux inévitables malentendus qui font de nous de merveilleux humains imparfaits.

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